Michel Rajkovic présente "Nowhere" à Aix-en-Provence

En regardant les images de Michel Rajkovic on peut penser au travail de Michael Kenna. Une même impression de "hors temps". Une épure parfaite, une distance subtile avec leur sujet, aucun personnage. Le spectateur est le témoin privilégié d'un instant retenu, mis résolument seul face à un sujet dont curieusement l'étrangeté du climat photographique n'empêche pas la proximité. L'extrémité de la digue, la proue du bateau échoué… tout résonne en nous, même de façon feutrée.



Nadia Nedyalkova ou Bill Viola, des corps immergés.


Comme la représentation d’Ophélie, le personnage d’Hamlet, la beauté des jeunes femmes immergées de Nadia Nedyalkova dans la série « Underwater » qu’elle décline depuis 2013, est sublimée par l’élément dans lequel elles paraissent vivre l’instant fragile du départ pour l’éternité. Pour cette jeune photographe bulgare l’eau est un élément “fortement érotique” et aucune morbidité ne doit être recherchée dans son travail.

 



Plus sombre en revanche, mais toute aussi belle et aboutie, la série « What remains (Frost) » ne peut qu’évoquer des corps sans vie pris peu à peu dans un linceul de glace.

Quelques liens pour mieux connaitre l'œuvre de cette artiste : "L'oeil de la Photographie" et l'article de Laurent Montserrat sur Médiapart, ainsi que le blog de Mira Nedyalkova.

L’eau est l’obsession du grand artiste vidéaste Bill Viola.

A 6 ans, Bill Viola a failli se noyer dans un lac. Voulant suivre son cousin il a sauté d'un ponton dans l'eau et, trop petit, est passé à travers la bouée.

Lui, ne prononce pas les mots de "noyade", ni de "peur", sinon celle qui a saisi ses parents, mais celui de "beauté". 


Pas d'érotisme dans les images de cet artiste, mais une sophistication aïgue de chaque œuvre.


Quelques liens pour mieux connaitre cet artiste : Libération,le site du Grand Palais